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FRANCE
Madeleine Akrich
L'analgésie péridurale, qui permet de supprimer la douleur de l'accouchement sans altérer la conscience, a connu ces dernières années en France un développement important : pour certains, il s'agit d'une victoire des femmes accédant à un droit fondamental, d'autres considèrent qu'elle renforce l'emprise croissante des techniques et des médecins sur le corps des femmes. Tous s'accordent sur l'idée qu'un choix doit être proposé à la femme, laquelle se trouve installée en acteur autonome, rationnel, maître de ses décisions. Dans cet article, basé sur des entretiens avec des femmes, nous reviendrons sur les conditions « en pratique » dans lesquelles se détermine l'usage de la péridurale et sur cette notion de « choix », centrale dans les représentations que s'en font les acteurs.
Danièle Carricaburu
La réforme de la périnatalité française, mise en place à la fin des années 1990, repose sur une catégorisation du risque obstétrical (bas, moyen, haut). Selon le niveau de risque estimé, la femme enceinte doit être adressée à une maternité de niveau I, II ou III. À partir d’une enquête effectuée par des observations et des entretiens auprès d’obstétriciens et de sages-femmes, il s’agit, dans cet article, de montrer que la définition de ces catégories du risque est en elle-même un enjeu. En effet, leur contestation ou leur acceptation traduisent deux conceptions sensiblement différentes : l’une induit une accentuation de l’hypermédicalisation de l’accouchement, l’autre tend vers la « dé-technicisation » de la naissance et l’ouverture de Maisons de Naissance, encore à l’état de projet en France.
Bien que la littérature sur les inégalités sociales de santé dans le domaine de la périnatalité soit qualitativement hétérogène, elle s'avère être relativement importante quantitativement et l'existence d'un gradient social en termes de risque périnatal est de mieux en mieux documentée. Concernant la santé maternelle, les données publiées sont tout aussi hétérogènes qualitativement, mais de plus assez peu nombreuses. Il apparaît néanmoins qu'il existe également de véritables inégalités sociales de santé, tant pour ce qui est de la morbidité maternelle sévère que pour ce qui est de la mortalité. Les analyses visant à en explorer les mécanismes et expliquer comment les différentes dimensions de la condition sociale des femmes interagissent avec les indicateurs de santé maternelle sont encore insuffisantes et ne permettent pas à ce jour de les comprendre. Le suivi prénatal sous-optimal et les soins sous-optimaux pourraient cependant jouer un rôle de facteurs intermédiaires liés à la fois à la condition sociale et au risque maternel, qu'il s'agisse de risque en termes de morbidité, d'aggravation et d'évolution de celle-ci, ou de mortalité maternelle.
Dorothée Prud’homme
Tout en revendiquant une pratique professionnelle fondée sur le principe d’égalité de traitement, les soignants procèdent quotidiennement à la catégorisation raciale des patients qu’ils reçoivent. Or, afin d’« humaniser les soins », les professionnels hospitaliers sont, depuis quelques années, également incités à adapter leur pratique professionnelle aux spécificités – notamment « culturelles » – de chaque patient. Cet article propose d’analyser l’impact des représentations racialisantes que les professionnelles rencontrées dans un service de gynéco-obstétrique d’un hôpital public parisien nourrissent au sujet des patientes qu’elles identifient comme roms, en termes de qualité de la prise en charge, d’offre de soin et de types de traitements proposés. Nous étudions dans quelles conditions le traitement différentiel proposé aux patientes en fonction de leur appartenance culturelle présumée est susceptible de fabriquer des discriminations.
B. Blondel, B. Coulm, C. Bonnet, F. Goffinet, C. Le Ray, National Coordination Group of the National Perinatal Surveys
We have shown major trends in risk factors, medical practices, and the health status of children at birth since 1995. More detailed analyses will allow us to rank France in relation to other European countries in the Euro-Peristat Project, study some risk factors in greater detail, and assess the application of some regulatory measures and guidelines, as was done with the previous survey. National perinatal surveys are one of the tools in the French national perinatal information system and, as shown in this overview, yield essential high-quality information, unavailable elsewhere, about perinatal practices and outcomes. They constitute an important information base for physicians, public health policymakers, and women and families, in addition to routine national statistics and specific databases or surveys.
René Charles Rudigoz, Jacques Milliez, Yves Ville, Gilles Crepin (rapporteurs), au nom de la Commission X (Reproduction et Développement)
Au fil des années, les actions pour améliorer la sécurité de la naissance ont réduit les morbi-mortalités maternelle et périnatale, mais des critiques persistent sur l’hétérogénéité des pratiques et le manque d’accompagnement humain. Ce rapport décrit le fonctionnement des maternités et les insatisfactions des patientes. Il propose des améliorations : meilleure formation des soignants, meilleure information des femmes et de leur famille, harmonisation des pratiques, et modification du fonctionnement des maternités, avec une implication nécessaire des usagers. Ces propositions visent à améliorer progressivement la qualité des soins dans chaque maternité.
Danielle Bousquet, Présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Geneviève Couraud, rapporteure, Margaux Collet, co-rapporteure
Le HCE appelle les pouvoirs publics à reconnaître les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical, à les prévenir, à faciliter les procédures de signalement et à condamner les pratiques illégales. Il propose 26 recommandations, réparties en trois axes : reconnaître l’existence et l’ampleur des actes sexistes, prévenir ces actes, et améliorer et faciliter les procédures de signalement tout en condamnant les pratiques sanctionnées par la loi.
Maud Arnal
Les réflexions théoriques féministes sur la maternité, comme le rappelle le récent dossier « Penser les maternités d’un point de vue féministe » publié dans la revue Genre, Sexualité et Société, sont loin d’être convergentes [Cardi et al., 2016]. Sur la question de la médicalisation de l’accouchement, les divergences sont aussi importantes. Dans ces débats où s’opposent les féministes pro ou anti-médicalisation de l’accouchement, je propose de montrer, d’une part, qu’il y a une pluralité de controverses et, d’autre part, qu’elles sont liées à des intérêts opposés qui se dissimulent sous les arguments théoriques.
Mémoire présenté et soutenu par Camille BOURRELIER
Les violences obstétricales et gynécologiques sont devenues un enjeu de société, porté par les médias et les réseaux sociaux. Leur reconnaissance remet en question l’industrialisation de l’accouchement et souligne l'importance du respect de l'expérience des patientes. Enfin, la notion de care, centrée sur l’éthique du soin, pourrait permettre d’améliorer les pratiques en santé reproductive.
Sylvie Lévesque, Manon Bergeron, Lorraine Fontaine et Catherine Rousseau
La littérature empirique et législative montre que de nombreuses femmes subissent des violences lors de l’accouchement en milieu hospitalier. Cependant, les termes utilisés pour désigner ces violences varient. Afin de clarifier ce concept et de faciliter son utilisation en recherche et en pratique clinique, une analyse conceptuelle a été menée selon la méthodologie de Walker et Avant, enrichie par l’approche féministe de Wuest. Cette analyse identifie les caractéristiques du concept, ses origines et ses conséquences, et propose une définition basée sur ses éléments centraux.
Sylvie Lévesque and Audrey Ferron-Parayre
Based on Swartz and Lappeman’s article, this commentary explores three key aspects of obstetric violence: the role of intentionality in its recognition, the centrality of women’s perspectives, and its systemic, gendered nature. It also addresses the epistemic injustice linked to this issue. While acknowledging that the term may be controversial for health workers and institutions, we emphasize their crucial role in addressing and eliminating this form of violence.
A. Massona, C. Schantz
Cet article analyse l’imposition de la position gynécologique lors de l’accouchement en France et ce qu’elle révèle sur la société. Bien que non optimale, cette posture est adoptée dans 95,5 % des accouchements. À travers une analyse historique, des observations en salles de naissance et des entretiens avec des sages-femmes, l’étude met en évidence le rôle de l’institution médicale dans la naturalisation de la vulnérabilité corporelle des femmes. Cet article vise à démontrer que la position gynécologique s’inscrit dans la normalisation de la médecine moderne et de l’accouchement en France, et qu’elle résulte d’un ordre social construit et contrôlé.
Claire Michel, Claire Squires
À partir d’une recherche menée en maternité auprès de femmes ayant accouché, l’auteure s’interroge sur le débat récent autour de la violence obstétricale. Forte d’une formation à orientation analytique, elle met en lumière la tension entre subjectivité et objectivité qui entoure ce débat en France et invite à en saisir les enjeux multiples, complexes et interdisciplinaires, au-delà de cette opposition. S’appuyant sur un ancrage clinique, l’auteure explore les perspectives de travail que ce sujet ouvre pour les psychologues cliniciens et les professionnels de la naissance, notamment à travers la notion de contenance. Elle élargit ainsi la réflexion aux impacts potentiels de l’accouchement, non seulement pour la femme, mais aussi pour son conjoint, l’enfant et les soignants.
Amandine Macias. Perception du débat sur les violences obstétricales par les professionnels, sages femmes et gynécologues-obstétriciens. Gynécologie et obstétrique. 2019. ffdumas-02301776f
Notre étude montre que les professionnels de l’obstétrique reconnaissent le concept de violences obstétricales, bien que l’expression ne fasse pas l’unanimité. Beaucoup ont remis en question leurs pratiques, certains les modifiant récemment. Le principal facteur de divergence concerne l’expérience : les praticiens plus âgés estiment que ces violences étaient plus fréquentes au début de leur carrière. Un consensus émerge sur la nécessité d’informer les patientes sur les actes médicaux, mais le recueil du consentement reste un point de désaccord. Le débat sur les violences obstétricales, initié par les témoignages de patientes, semble aujourd’hui laisser place à une réflexion plus large sur la relation entre soignants et soignés. Ce débat exprime ainsi de nouvelles attentes en matière de prise en charge de la naissance, que les professionnels semblent avoir intégrées à travers une remise en question de leurs pratiques.
G. Hatem-Gantzer (Présidente du Cegorif)
Les violences obstétricales et gynécologiques, bien que médiatisées ces dernières années, restent controversées, notamment parmi certains soignants qui se sentent injustement mis en cause ou qui contestent leur existence et leur dimension sexiste. Cet article présente l’expérience d’un groupe de travail pluriprofessionnel visant à explorer ce sujet en prenant en compte à la fois le ressenti des patientes et celui des soignants.
A. Evrard
Les témoignages de femmes sur les violences obstétricales ont souvent bouleversé les professionnels avant d’être étudiés et médiatisés. Pourtant, ils restent peu utilisés comme outil de réflexion dans les services d’obstétrique. Cet article propose d’analyser leur contenu pour enrichir l’évaluation des pratiques professionnelles et suggère une approche méthodologique inspirée des dispositifs existants (CREX, RMM), en défendant le développement de « RMM de vécu ».
Sonia Bisch, Chloé Bernard, Aliénor Rigaux et Juliette Berthold pour @tcvog
Nous remercions chaleureusement l’équipe de volontaires qui a contribué à la création de la carte interactive et à l’intégration de plus de 2000 témoignages en un temps record. Leur engagement et leur rigueur ont été essentiels pour sensibiliser à l’importance d’un partenariat de soins entre femmes et professionnels de santé. Nous exprimons également notre gratitude envers nos familles pour leur soutien. Respecter la naissance, c’est poser des bases solides pour l’avenir. Seule une collaboration entre femmes, soignants et décideurs permettra de garantir la santé et le bien-être des générations futures.
Sezin Topçu
De nombreux problèmes au cœur de la controverse actuelle sur les violences obstétricales avaient déjà été soulevés dans la France des années 1970. Cet article met en lumière les critiques formulées ainsi que les expériences alternatives initiées à cette époque pour faire face à l’expansion de doctrines, de normes et de pratiques médicales jugées maltraitantes. Notre objectif est d’analyser en particulier la manière dont le concept de non-violence a été pensé, théorisé et mis en pratique, les dynamiques qu’il a fait émerger et les tensions multiples et variées qu’il a engendrées, notamment au sein du mouvement féministe.
Clémence Schantz, Virginie Rozée, Pascale Molinier
Les violences obstétricales constituent un nouvel axe de recherche pour analyser l’expérience et le vécu de certaines femmes lors de leur suivi médical de grossesse et de leur accouchement. Si ce concept est employé par des chercheur·es et des militant·es en Amérique latine depuis les années 2000, ce n’est qu’à partir des années 2010 qu’il est repris en Europe, notamment en France, en particulier sur les réseaux sociaux. Le concept de « violences obstétricales » vise à dénoncer différentes pratiques, telles que l’absence de consentement, le manque de communication, le non-respect de la pudeur ou l’insuffisante prise en compte de la douleur, au cours d’actes médicaux parfois non justifiés sur le plan médical (comme certaines césariennes ou épisiotomies). Toutefois, ce concept reste loin de faire l’unanimité dans l’espace public et politique.
Priscille Sauvegrain
Un dernier point d’attention concerne les femmes issues des migrations subsahariennes, soit nées en France de parents nés en Afrique subsaharienne. L’enquête Trajectoires et Origines a montré combien les enfants d’immigrés sont plus sensibles que leurs parents à la question des discriminations, et plus à même de les dénoncer. La consultation de divers blogs tenus par des « mères noires », se définissant comme « Afro-descendantes », montre qu’elles sont très vigilantes à la question des discriminations et du racisme dans les soins de maternité, composante des violences dites « gynécologiques et obstétricales », dont plusieurs témoignent avoir été victimes. Si leurs voix ne sont pas très portées au sein du Collectif inter associatif autour de la naissance, celui-ci mène par ailleurs un travail de fond sur la question des violences obstétricales. Il convient donc de garder en tête ce versant de la question, et de constamment analyser les violences dites « gynécologiques et obstétricales » à l’aune des contextes politiques et sociaux dans lesquels elles émergent.
Virginie Rozée, Clémence Schantz
Le concept de « violences gynécologiques et obstétricales » a émergé au début des années 2000 en Amérique latine dans les milieux militants et scientifiques. Il a été repris à partir des années 2010 dans les débats féministes et politiques français et européens. Les militantes féministes, notamment à travers les réseaux sociaux et les médias, ont joué un rôle important dans la construction de cette question de santé publique. Aujourd’hui, ce concept est mobilisé dans l’espace public, politique et académique, en France et à l’international. Il recouvre des réalités et des pratiques médicales diverses et permet de rendre compte des expériences, à la fois objectives et subjectives, des femmes. Les travaux en sciences sociales qui mobilisent cette approche conceptuelle sont de plus en plus nombreux. Cependant, ils portent majoritairement sur l’accouchement, tandis que le domaine de la gynécologie reste encore largement à explorer.
Mounia El Kotni, Chiara Quagliariello
À partir de recherches sur les violences obstétricales menées en Europe (France, Italie) et en Amérique latine (Mexique, Guatemala) auprès de femmes migrantes, pauvres ou racisées, nous proposons de mettre ces violences en perspective, au regard de mécanismes globaux de domination tels que l’exil, le racisme et la pauvreté. Nous situons nos recherches dans le champ des études sur l’intersectionnalité et la justice reproductive, et proposons le cadre d’analyse de « l’injustice obstétricale ». Ce cadre permet de dépasser certains clivages liés à la catégorie des violences obstétricales en articulant ces violences à d’autres formes de violence vécues par ces femmes au cours de leur vie. Cette approche offre une compréhension plus globale et contextualisée des expériences de ces femmes, tout en soulignant les structures systémiques qui les sous-tendent.
Entretien avec Anne Evrard, co-présidente du CIANE. Entretien réalisé le 29 avril 2021 en visio par Elsa Johnston
La libération de la parole des femmes sur leur vécu gynécologique et obstétrical a fait émerger dans le débat public la question de la nécessaire amélioration de certaines pratiques médicales. Cependant, la reconnaissance des droits des patientes et de leur conjoint·e au cours de l’accompagnement médical d’une grossesse se heurte également à des obstacles procéduraux et juridiques. Délibérée a rencontré Anne Evrard, co-présidente du CIANE, qui accompagne depuis plus de 15 ans des femmes et des couples ayant souffert d’une prise en charge médicale en lien avec la naissance. Elle décrit ces parcours souvent longs et difficiles, mettant en lumière les défis persistants dans la défense des droits et l’amélioration des pratiques médicales.
Laurent Gaucher, Cyril Huissoud, René Ecochard, René-Charles Rudigoz, Marion Cortet, Lionel Bouvet, Laetitia Bouveret, Sandrine Touzet, Françoise Gonnaud, Cyrille Colin, Pascal Gaucherand, Corinne Dupont, the AURORE Group.
Quality care during childbirth requires that healthcare providers possess not only excellent skills but also appropriate and considerate attitudes and behaviors. Few studies have examined the proportion of women in Western countries who express dissatisfaction with inappropriate or inconsiderate behavior. This study evaluated this proportion in a sample presumably representative of French maternity units. Most women were satisfied with the behavior of healthcare workers toward them in the delivery room. Nonetheless, healthcare staff must be aware of women's demands for greater consideration of their expressions of pain and for their voices to be heard in decision-making processes.
Mathieu Azcué, Laurence Tain
La littérature scientifique a largement exploré la notion de « violence », mais sans aborder sa généalogie en lien avec les mouvements féministes. Le concept de « violence obstétricale », bien que récent, renvoie à des expériences anciennes. Cet article examine ce paradoxe en analysant comment les mouvements féministes ont facilité l’émergence de ce concept, ancré dans la réflexivité hospitalière et les luttes féministes. À travers l’étude d’une association féministe pratiquant des accouchements alternatifs, l’article explore comment les dynamiques militantes ont ouvert la voie à ce concept. Des entretiens avec des usagères du système hospitalier ont révélé deux postures, dont le compromis a permis de créer un espace de parole pour les parturientes et des négociations avec l’hôpital local. L’analyse croise les perspectives féministes universaliste et différencialiste, ainsi que la sociologie du corps, pour interroger cette dynamique des mouvements sociaux.
Entretien avec Anne Evrard, Propos recueillis en décembre 2020 par Clémence Schantz, Mordjane Tiet
Le Ciane (Collectif InterAssociatif autour de la NaissancE) est un collectif regroupant une trentaine d’associations de parents actives dans le domaine de la périnatalité. Certaines de ces associations sont généralistes, tandis que d’autres se concentrent sur des sujets spécifiques tels que la césarienne, l’allaitement, l’accouchement à domicile, la pré-éclampsie ou l’hyperémèse gravidique. Anne Evrard en est la coprésidente.
Entretien avec Anne Evrard, Propos recueillis en décembre 2020 par Clémence Schantz, Mordjane Tiet
Le Ciane (Collectif InterAssociatif autour de la NaissancE) est un collectif regroupant une trentaine d’associations de parents actives dans le domaine de la périnatalité. Certaines de ces associations sont généralistes, tandis que d’autres se concentrent sur des sujets spécifiques tels que la césarienne, l’allaitement, l’accouchement à domicile, la pré-éclampsie ou l’hyperémèse gravidique. Anne Evrard en est la coprésidente.
Caring for "African mothers". A study of racialized relations in French and Italian maternity wards.
Chiara Quagliariello, Priscille Sauvegrain
Dans leurs recherches doctorales menées en Italie et en Île-de-France, les auteures ont étudié les processus de racialisation des femmes identifiées comme « africaines » par les professionnel·le·s de santé dans les maternités. Elles ont mis en évidence la construction d’une figure idéalisée de la « mère africaine », perçue comme facile à prendre en charge et « proche de la nature ». Leurs travaux ultérieurs ont révélé un effritement de cette figure à la lumière de la crise migratoire contemporaine et de l’arrivée en Europe de nouvelles femmes subsahariennes, principalement nigérianes, qui remettent en question l’image que les soignant·e·s avaient des patientes africaines. Cette rencontre entre les soignant·e·s français·es et italien·ne·s et les femmes nigérianes, souvent victimes de prostitution forcée, a conduit à une reconfiguration des relations racialisées autour de la « mère africaine ». L’incompatibilité entre les figures de la « bonne mère » et de la « prostituée », ainsi que le désarroi des équipes soignantes face aux épreuves et à la précarité vécues par ces femmes, offrent des cadres d’analyse pertinents pour explorer la construction et la déconstruction des stéréotypes autour des femmes africaines, ainsi que les soins différenciés qui en découlent.
Tacit anti-discriminatory actions in the access to care. Perinatal health and the discrimination against foreign women in France
Louise Virole
Le Ciane (Collectif InterAssociatif autour de la NaissancE) est un collectif regroupant une trentaine d’associations de parents actives dans le domaine de la périnatalité. Certaines de ces associations sont généralistes, tandis que d’autres se concentrent sur des sujets spécifiques tels que la césarienne, l’allaitement, l’accouchement à domicile, la pré-éclampsie ou l’hyperémèse gravidique. Anne Evrard en est la coprésidente.
Sous la direction de Anne SIMON et Elsa SUPIOT
Margo Bernelin, Laurence Brunet, Laurie Friant, Caroline Lantero, Julie Leonhard, Anne Ponseille, Diane Roman, Marie Romero.
La recherche est donc globale, couvrant tant le droit pénal que les droits civil, administratif et disciplinaire. Cette étude se veut une première analyse juridique approfondie de ces violences. Il s’agit de déterminer dans quelle mesure les actes dénoncés comme « violences gynécologiques et obstétricales » sont ou peuvent être saisis par le droit, sous quelles qualifications (la violence obstétricale n’étant pas nécessairement une violence au sens juridique du terme), quelles responsabilités peuvent y être associées (pénales, civiles, disciplinaires, administratives), et comment ces sanctions s’articulent entre elles, le cas échéant. Il s’agit également d’explorer les « angles morts » du corpus normatif en vigueur afin de mieux comprendre les obstacles juridiques potentiels à une prévention renforcée et à une sanction efficace de ces violences.
P. Sauvegrain, C. Schantz, L. Gaucher, A. A. Chantry, and the CNSF (Collège National des Sages-Femmes de France – French National College of Midwives).
France lags behind other countries in addressing violence in perinatal care, despite its recognized impact on maternal, neonatal, and infant health. Research and data on its frequency and determinants remain insufficient, and definitions lack consensus. As midwives, public health researchers, and members of the National College of French Midwives, we aim to contribute scientifically and clinically to this debate. We propose methods for measuring and characterizing violence in perinatal care, focusing on quantifying and understanding these situations through population-based studies and women’s perceptions. Our simplified proposal, compared to existing international tools, centers on three categories: inappropriate medical care, inappropriate human behaviors in care, and sexual abuse. It also identifies care contexts where violence may occur and the types of healthcare workers involved. Conclusion: It is crucial to distinguish between the causes and contexts of violence, as they require different responses to effectively reduce its frequency and impact in perinatal care. We propose questions that can also be applied in clinical settings by midwives and other clinicians.
Virginie Rozée, Clémence Schantz
La pandémie de Covid-19 a entraîné une réorganisation des soins dans les maternités, renforçant les contraintes biomédicales pendant la grossesse et l’accouchement. En France, des restrictions comme le port du masque obligatoire et l’interdiction d’être accompagnées pendant l’accouchement ont été largement critiquées. L’étude MaterCovid19, menée en Île-de-France et à La Réunion, explore les expériences des femmes dans trois maternités publiques. Les femmes ont exprimé une forte appréhension à l’idée d’accoucher « seules ». Cependant, le décalage entre leurs craintes et la réalité a conduit la majorité à dire que « tout s’est bien passé ». Malgré cela, beaucoup ont été confrontées à des difficultés en suites de couches, se sentant seules avec leur nouveau-né. La pandémie a exacerbé un sentiment de solitude et de « maternité volée ». Peu de femmes ont décrit une expérience positive, influencée par leurs perceptions de la maternité, de la médecine et leur histoire personnelle.
Fabien Coisy, Guillaume Olivier, François-Xavier Ageron, Hugo Guillermou, Mélanie Roussel, Frédéric Balen, Laura Grau-Mercier, and Xavier Bobbia.
Evidence suggests gender and ethnic bias in the early management of acute coronary syndrome, but it remains unclear whether this stems from differences in severity assessment or treatment intensity. This study examined whether the appearance of gender or ethnicity in an image influences triage prioritization in emergency care. This study found that the visualization of simulated patients with different characteristics influenced prioritization decisions. Black patients were less likely to receive emergency treatment compared to White patients, and women were less likely to receive emergency treatment compared to men. These findings indicate the presence of gender and ethnic biases in emergency triage decision-making.
Fabien Coisy, Guillaume Olivier, François-Xavier Ageron, Hugo Guillermou, Mélanie Roussel, Frédéric Balen, Laura Grau-Mercier, and Xavier Bobbia.
While the World Health Organization (WHO) warned about mistreatment, disrespect, and abuse during childbirth as early as 2014, that same year, the social media movement #payetonuterus brought attention to the issue of obstetric violence in French-speaking countries, particularly regarding disrespect. The experience of care is an integral part of its quality, and perceptions of inadequate support and loss of control during labor are among the most frequently reported risk factors for childbirth-related post-traumatic stress disorder (CB-PTSD). Therefore, studying the association between disrespect during childbirth and maternal mental well-being is crucial. Disrespect during childbirth has been linked to poorer mental health in the postpartum period. Given the high prevalence of mental health issues and the increased susceptibility to postpartum depression, these findings underscore the importance of raising awareness among healthcare professionals about behaviors and attitudes that may be perceived as disrespectful during childbirth.
Clémence Schantz, Mordjane Tiet, Anne Evrard, Sophie Guillaume, Dounia Boujahma, Bérénice Quentin, Dolorès Pourette, Virginie Rozée
Through the study of the reorganization of a MLBC, a model that currently represents a disruptive approach to childbirth in France, the pandemic has demonstrated that these structures are resilient, capable of withstanding crises, and providing families with both physical and emotional security. While MLBCs are still in an experimental phase in France, this data could support the efforts of women's associations and healthcare professionals advocating for their broader implementation and nationwide expansion. We hope that these models will continue to develop, addressing the needs of future parents while also aligning with the aspirations of midwives who seek to practice their profession in a different way.


